Le métier de courtier en énergie connaît une croissance exceptionnelle en France, porté par la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz, ainsi que par les enjeux croissants de la transition énergétique. Avec plus de 5,1 millions de professionnels et 33 millions de particuliers potentiellement concernés par l’optimisation de leurs contrats énergétiques, ce secteur offre des perspectives de carrière particulièrement attractives pour 2026 et au-delà.
Contrairement à d’autres métiers du courtage comme l’assurance ou l’immobilier, aucun diplôme n’est légalement obligatoire pour exercer en tant que courtier en énergie en France. Cette accessibilité fait du courtage énergétique une voie de reconversion professionnelle particulièrement prisée, notamment pour les profils commerciaux, les techniciens du secteur énergétique ou les entrepreneurs en quête d’indépendance. Toutefois, pour réussir dans ce métier exigeant et technique, une formation solide reste indispensable.
Cet article vous présente un panorama complet des formations disponibles en 2026, des diplômes reconnus aux certifications professionnelles, en passant par les parcours de reconversion et les compétences clés à maîtriser pour s’imposer sur ce marché concurrentiel.
Sommaire
Les diplômes et formations initiales pour devenir courtier en énergie

Schéma complet des parcours de formation pour devenir courtier en énergie en 2026
Bien qu’aucune formation spécifique ne soit imposée par la loi, plusieurs cursus universitaires et professionnels permettent d’acquérir les compétences fondamentales pour exercer le métier de courtier en énergie. Ces formations se répartissent en trois niveaux principaux, chacun offrant des avantages spécifiques selon votre projet professionnel.
Niveau Bac+2 : les BTS orientés commerce et relation client
Les BTS (Brevets de Technicien Supérieur) constituent la porte d’entrée privilégiée pour les jeunes diplômés souhaitant se lancer rapidement dans le courtage énergétique. Ces formations de deux ans après le baccalauréat permettent d’acquérir les bases essentielles de la vente, de la négociation et de la gestion de la relation client, compétences transversales indispensables au métier de courtier.
| Diplôme | Durée | Compétences clés | Débouchés courtage |
|---|---|---|---|
| BTS NDRC (Négociation et Digitalisation de la Relation Client) | 2 ans | Prospection commerciale, gestion portefeuille, outils digitaux | ⭐⭐⭐⭐⭐ Excellent |
| BTS CCSO (Conseil et Commercialisation de Solutions Techniques) | 2 ans | Vente solutions techniques, conseil client B2B | ⭐⭐⭐⭐⭐ Excellent |
| BTS MCO (Management Commercial Opérationnel) | 2 ans | Gestion activité commerciale, animation équipe, budget | ⭐⭐⭐⭐ Très bon |
| BTS Fluides-Énergies-Domotique | 2 ans | Installations énergétiques, efficacité énergétique | ⭐⭐⭐⭐ Très bon (profil technique) |
Parmi les BTS les plus adaptés au courtage en énergie, on retrouve le BTS Négociation et Digitalisation de la Relation Client (NDRC), qui forme aux techniques de prospection commerciale, à la gestion de portefeuille clients et à l’utilisation des outils digitaux. Cette dimension numérique est particulièrement pertinente en 2026, alors que les courtiers doivent maîtriser les CRM, les comparateurs en ligne et les plateformes de souscription dématérialisées.
Le BTS Conseil et Commercialisation de Solutions Techniques (CCSO) offre quant à lui une approche plus technique, idéale pour comprendre les spécificités des contrats énergétiques et accompagner les clients professionnels dans des choix complexes. Cette formation permet de développer une expertise en vente de solutions techniques, un atout majeur lorsqu’il s’agit d’expliquer les subtilités des offres d’électricité et de gaz aux entreprises.
Enfin, le BTS Management Commercial Opérationnel (MCO) forme à la gestion d’une activité commerciale dans sa globalité, de l’animation d’équipe à la gestion budgétaire, en passant par le développement de la relation client. Ce diplôme est particulièrement adapté pour ceux qui envisagent de créer leur propre structure de courtage ou de rejoindre un réseau en tant que franchisé.
Pour les profils plus techniques, les BTS Fluides-Énergies-Domotique ou Maintenance des systèmes option systèmes énergétiques et fluidiques offrent une connaissance approfondie des installations énergétiques, un atout précieux pour conseiller les clients sur l’optimisation de leur consommation et l’intégration d’énergies renouvelables.
Niveau Bac+3 : les licences professionnelles pour se spécialiser
Après un BTS ou un DUT, les étudiants peuvent poursuivre vers une licence professionnelle pour approfondir leurs compétences commerciales ou se spécialiser dans un domaine spécifique. Ces formations d’un an permettent d’acquérir une expertise plus pointue et d’améliorer son employabilité sur un marché de plus en plus concurrentiel.
| Licence Professionnelle | Spécialisation | Atouts pour le courtage | Salaire moyen à l’embauche |
|---|---|---|---|
| Management des Activités Commerciales | Gestion équipe, pilotage performance | Management, développement stratégique | 28 000 – 32 000 € |
| Commercialisation de Produits et Services | Marketing B2B, négociation complexe | Stratégies commerciales avancées | 26 000 – 30 000 € |
| Technico-commercial | Double compétence technique/commerce | Dialogue avec services techniques | 27 000 – 31 000 € |
La Licence Professionnelle Management des Activités Commerciales forme aux techniques de gestion d’équipe, de pilotage de la performance commerciale et de développement stratégique. Elle est particulièrement adaptée pour ceux qui visent des postes de responsable commercial ou de manager d’équipe au sein d’un cabinet de courtage.
La Licence Professionnelle Commercialisation de Produits et Services met l’accent sur les stratégies de commercialisation, le marketing B2B et la négociation complexe. Dans le secteur énergétique, où les contrats peuvent représenter des enjeux financiers importants pour les entreprises, cette expertise en négociation est un véritable différenciateur.
Enfin, la Licence Professionnelle Technico-commercial combine compétences techniques et commerciales, permettant de dialoguer aussi bien avec les services techniques des entreprises qu’avec les décideurs financiers. Cette double casquette est particulièrement valorisée dans le courtage énergétique B2B, où la compréhension des enjeux techniques (puissance souscrite, profil de consommation, heures pleines/creuses) est essentielle.
Niveau Bac+5 : les masters pour une expertise pointue
Pour ceux qui souhaitent se spécialiser dans le secteur de l’énergie et acquérir une expertise reconnue, plusieurs masters offrent une formation de haut niveau. Ces diplômes de niveau Bac+5 sont particulièrement adaptés pour viser des postes de consultant senior, de directeur commercial ou pour créer son propre cabinet de courtage avec une forte crédibilité.
Le Master Mention Économie de l’Environnement, de l’Énergie et des Transports propose une approche globale des enjeux énergétiques, intégrant les dimensions économiques, environnementales et réglementaires. Cette formation permet de comprendre en profondeur les mécanismes de fixation des prix de l’énergie, les politiques publiques (CEE, décret tertiaire, ARENH) et les stratégies de décarbonation des entreprises.
Le Master Économie de l’Énergie se concentre spécifiquement sur les marchés de l’électricité et du gaz, les mécanismes de régulation et les stratégies d’achat. Cette expertise est particulièrement valorisée pour accompagner les grands comptes dans leurs stratégies d’approvisionnement énergétique, notamment sur les contrats de type PPA (Power Purchase Agreement) ou les achats sur le marché de gros.
Enfin, le Mastère Spécialisé Management des Marchés de l’Énergie (420 heures) offre une formation intensive et professionnalisante, souvent proposée en formation continue. Ce diplôme est idéal pour les professionnels en reconversion ou les courtiers déjà en activité souhaitant monter en compétence sur les aspects financiers et stratégiques du marché de l’énergie.
Les formations professionnelles spécialisées en courtage énergétique

Session de formation professionnelle pour futurs courtiers en énergie
Au-delà des diplômes universitaires, plusieurs organismes proposent des formations professionnelles spécifiquement dédiées au métier de courtier en énergie. Ces formations courtes et intensives sont particulièrement adaptées aux profils en reconversion professionnelle ou aux entrepreneurs souhaitant se lancer rapidement dans le courtage.
L’École Française des Courtiers en Énergie (EFCE)
L’EFCE est l’organisme de référence en France pour la formation au métier de courtier en énergie. Créée pour répondre aux besoins spécifiques de ce secteur en pleine expansion, l’école propose plusieurs parcours de formation adaptés aux différents profils et objectifs professionnels.
| Formation EFCE | Durée | Pré-requis | Tarif indicatif | Certification |
|---|---|---|---|---|
| Courtier en énergie auprès des professionnels | 28 jours | Aucun | 3 500 – 5 000 € | Certificat professionnel |
| Expert en énergie BTOB | 70 heures | Expérience courtage | 2 000 – 3 500 € | Certification expert |
| Formation continue spécialisée | Variable | Courtiers en activité | 500 – 1 500 € | Attestation |
La formation phare de l’EFCE, intitulée “Courtier en énergie auprès des professionnels”, s’étend sur 28 jours et ne nécessite aucun pré-requis académique. Cette accessibilité en fait une option privilégiée pour les reconversions professionnelles. Le programme couvre l’ensemble des compétences nécessaires à l’exercice du métier, depuis la compréhension du marché de l’énergie jusqu’aux techniques de vente et de fidélisation client.
Le module principal, “Maîtriser le marché de l’énergie professionnel” (70 heures), aborde en profondeur le fonctionnement du marché de l’électricité et du gaz en France, les mécanismes de fixation des prix, les différents types de contrats (fixes, indexés, ARENH) et les spécificités du marché B2B. Cette formation permet également de se familiariser avec les outils professionnels utilisés par les courtiers, notamment les plateformes de comparaison et les extranet des fournisseurs.
La formation EFCE met également l’accent sur les techniques de prospection et de vente, essentielles pour développer son portefeuille client. Les stagiaires apprennent à analyser les caractéristiques techniques des clients (profil de consommation, puissance souscrite, classe tarifaire), à organiser leur zone de prospection, à maîtriser la prise de rendez-vous par téléphone et à conduire un entretien commercial efficace.
Enfin, l’EFCE propose une formation avancée “Expert en énergie BTOB” pour les courtiers souhaitant se spécialiser dans l’accompagnement des grands comptes et des clients à enjeux. Cette formation approfondit les aspects techniques (analyse de factures complexes, optimisation tarifaire, gestion des pénalités) et stratégiques (veille marché, anticipation des évolutions réglementaires).
Les formations proposées par les réseaux de courtage
De nombreux réseaux de courtage et franchises proposent également des formations internes à leurs nouveaux collaborateurs. Ces formations, généralement incluses dans le package de démarrage, permettent de se familiariser avec les outils et les méthodes spécifiques du réseau.
Place des Énergies, l’un des principaux réseaux de courtage en France (fondé en 2013), propose un accompagnement complet incluant une formation technique sur le marché de l’énergie, une formation commerciale et un accès aux outils digitaux du réseau (CRM, comparateurs, extranet fournisseurs). Cette formation interne est un complément essentiel aux diplômes universitaires, car elle permet d’acquérir les connaissances pratiques et opérationnelles indispensables au quotidien du courtier.
D’autres réseaux comme Optima Energie ou Lab Energies proposent des parcours similaires, souvent combinés avec un accompagnement personnalisé durant les premiers mois d’activité. Ces formations internes sont particulièrement valorisées par les courtiers indépendants, car elles permettent de se lancer rapidement tout en bénéficiant du soutien d’un réseau établi.
Reconversion professionnelle : devenir courtier en énergie sans diplôme

Les 5 étapes clés pour réussir sa reconversion en courtage énergétique
L’un des atouts majeurs du métier de courtier en énergie réside dans son accessibilité pour les reconversions professionnelles. Contrairement à d’autres métiers réglementés, aucun diplôme spécifique n’est exigé pour exercer, ce qui ouvre la porte à des profils variés issus d’horizons différents.
Les profils les plus adaptés à la reconversion
Plusieurs profils professionnels présentent des compétences transférables particulièrement pertinentes pour le courtage énergétique. Les commerciaux B2B disposent déjà d’une expérience de la prospection, de la négociation et de la gestion de portefeuille clients, compétences directement applicables au courtage. Leur connaissance des cycles de vente longs et des processus de décision en entreprise constitue un atout majeur pour accompagner les clients professionnels.
Les techniciens du secteur énergétique (électriciens, chauffagistes, techniciens de maintenance) possèdent quant à eux une expertise technique précieuse pour comprendre les installations, analyser les factures et conseiller les clients sur l’optimisation de leur consommation. Cette double compétence technique et commerciale est particulièrement valorisée dans le courtage énergétique, notamment pour accompagner les clients industriels aux besoins complexes.
| Profil d’origine | Compétences transférables | Formation complémentaire | Durée reconversion |
|---|---|---|---|
| Commercial B2B | Prospection, négociation, gestion portefeuille | Marché énergie, outils spécifiques | 3-4 mois |
| Technicien énergie | Expertise technique, analyse installations | Techniques commerciales, prospection | 4-5 mois |
| Courtier autre secteur | Courtage, relation client longue durée | Spécificités marché énergie | 2-3 mois |
| Entrepreneur | Gestion entreprise, développement business | Formation complète métier | 4-6 mois |
| Consultant | Conseil, analyse, gestion projets | Marché énergie, prospection B2B | 3-4 mois |
Les professionnels de l’assurance ou de l’immobilier disposent d’une expérience du courtage et de la gestion de la relation client sur le long terme. Leur maîtrise des techniques de prospection, de négociation et de fidélisation client est directement transférable au secteur de l’énergie. De plus, leur réseau professionnel existant peut constituer une base de clientèle potentielle pour démarrer leur activité.
Enfin, les entrepreneurs en quête d’une nouvelle activité trouvent dans le courtage énergétique un secteur porteur, avec des barrières à l’entrée relativement faibles (pas de stock, investissement initial limité, possibilité de démarrer en auto-entrepreneur) et des perspectives de revenus attractives. Le modèle économique du courtage, basé sur la commission, permet de démarrer avec un capital limité tout en bénéficiant d’un potentiel de croissance important.
Les étapes clés d’une reconversion réussie
Pour réussir sa reconversion dans le courtage énergétique, plusieurs étapes sont essentielles. La première consiste à se former au marché de l’énergie, soit via une formation professionnelle comme celle de l’EFCE, soit en rejoignant un réseau proposant une formation interne. Cette étape permet d’acquérir les connaissances techniques indispensables sur le fonctionnement du marché, les différents types de contrats et les spécificités réglementaires.
La deuxième étape consiste à choisir son statut juridique. Deux options principales s’offrent aux courtiers :
| Statut | Avantages | Inconvénients | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| Auto-entrepreneur | • Simplicité administrative • Charges réduites (22% CA) • Démarrage rapide | • Plafond 77 700 € CA/an • Crédibilité B2B limitée | Démarrage activité, test marché |
| Société (SASU/EURL) | • CA illimité • Crédibilité professionnelle • Optimisation fiscale | • Charges 45% salaire • Gestion administrative complexe | Développement pérenne, B2B |
| Franchise réseau | • Formation incluse • Outils fournis • Accompagnement continu | • Redevances réseau (20-40%) • Moins de liberté | Reconversion sécurisée |
La troisième étape consiste à rejoindre un réseau ou à se lancer en indépendant. Rejoindre un réseau de courtage présente plusieurs avantages pour les débutants : accès aux outils professionnels (CRM, comparateurs), formation continue, accompagnement commercial, accès facilité aux fournisseurs d’énergie et crédibilité renforcée auprès des clients. En contrepartie, le courtier doit généralement reverser une partie de ses commissions au réseau (entre 20% et 40% selon les réseaux). Se lancer en totale indépendance offre une liberté maximale et des marges plus élevées, mais nécessite de nouer soi-même les partenariats avec les fournisseurs et de développer ses propres outils.
Enfin, la quatrième étape consiste à obtenir des certifications et adhésions professionnelles pour renforcer sa crédibilité. L’adhésion au Syndicat des Courtiers en Énergies (SCE) est particulièrement recommandée, car elle témoigne du respect d’une charte éthique exigeante et rassure les clients sur le sérieux du courtier. Dans un secteur qui a connu quelques dérives médiatisées, cette certification est devenue un véritable gage de confiance.
Témoignages et retours d’expérience
De nombreux professionnels témoignent de la réussite de leur reconversion dans le courtage énergétique. Les profils issus du commerce B2B apprécient particulièrement la liberté d’organisation et le potentiel de revenus du métier, avec des rémunérations pouvant atteindre 60 000 à 70 000 € par an pour les courtiers expérimentés. Les techniciens reconvertis valorisent quant à eux la dimension conseil du métier, qui leur permet d’accompagner les clients dans leur transition énergétique tout en capitalisant sur leur expertise technique.
Les principaux défis évoqués par les courtiers en reconversion concernent la phase de prospection initiale, qui nécessite persévérance et résilience, ainsi que la veille permanente sur un marché en constante évolution. Toutefois, ces difficultés sont largement compensées par la satisfaction de contribuer à la transition énergétique et d’aider les entreprises à réaliser des économies substantielles sur leurs factures d’énergie.
Les compétences clés à maîtriser en 2026

Radar des compétences essentielles du courtier en énergie en 2026
Au-delà des diplômes et des formations, le métier de courtier en énergie requiert un ensemble de compétences techniques, commerciales et digitales qui évoluent constamment avec les transformations du marché. En 2026, plusieurs compétences émergent comme particulièrement stratégiques pour se démarquer dans un secteur de plus en plus concurrentiel.
Maîtrise du marché de l’énergie et veille réglementaire
La première compétence fondamentale d’un courtier en énergie réside dans sa connaissance approfondie du marché de l’électricité et du gaz. Cela implique de comprendre les mécanismes de formation des prix (marché de gros EPEX Spot, PEG Nord), les différents types de contrats (fixes, indexés, ARENH jusqu’en 2025, PPA), les composantes de la facture (fourniture, acheminement, taxes) et les spécificités tarifaires selon les profils de consommation.
En 2026, plusieurs évolutions réglementaires majeures rendent cette veille particulièrement cruciale :
| Évolution 2026 | Impact courtiers | Opportunité business | Niveau urgence |
|---|---|---|---|
| Fin ARENH (31 déc 2025) | Bouleversement stratégies achat | Accompagnement transition | 🔴 Critique |
| CEE Période 7 (janv 2026) | Nouvelles opportunités financement | Conseil optimisation CEE | 🟠 Important |
| Audit PME (oct 2026) | Obligation légale PME >2.7 GWh | Génération leads qualifiés | 🟠 Important |
| Décret tertiaire (échéances 2030) | Objectifs -40% consommation | Accompagnement conformité | 🟡 Moyen terme |
Un courtier performant en 2026 doit donc consacrer du temps à la veille réglementaire et marché, en suivant les publications de la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie), les évolutions législatives et les tendances de prix. Cette expertise permet non seulement de conseiller au mieux ses clients, mais aussi de se positionner comme un véritable expert auprès d’eux, renforçant ainsi la relation de confiance et la fidélisation.
Compétences commerciales et relationnelles

Réunion commerciale entre courtier et clients professionnels
Le courtage en énergie reste avant tout un métier de relation client et de vente. Les compétences commerciales sont donc essentielles, à commencer par la prospection. Que ce soit par téléphone, par email, via LinkedIn ou lors d’événements professionnels, le courtier doit être capable d’identifier et de contacter des prospects qualifiés, de susciter leur intérêt et d’obtenir des rendez-vous.
La négociation constitue le cœur du métier de courtier. Il s’agit non seulement de négocier avec les fournisseurs d’énergie pour obtenir les meilleures conditions tarifaires pour ses clients, mais aussi de “vendre” ses services de courtage aux entreprises, en démontrant la valeur ajoutée de son accompagnement. Cette double négociation nécessite des compétences en argumentation, en gestion des objections et en closing.
La gestion de la relation client sur le long terme est également cruciale. Contrairement à une vente ponctuelle, le courtage énergétique implique un suivi régulier des contrats, une veille sur les opportunités de renégociation et un accompagnement dans la durée. Cette dimension relationnelle nécessite des qualités d’écoute, de disponibilité et de réactivité, ainsi qu’une capacité à maintenir le contact avec ses clients même en dehors des périodes de renouvellement de contrat.
Enfin, le sens du service client est primordial dans un secteur où la concurrence s’intensifie. Les courtiers qui réussissent sont ceux qui vont au-delà de la simple mise en relation avec un fournisseur, en proposant un véritable accompagnement : analyse détaillée des factures, conseil en optimisation de consommation, aide aux démarches administratives, gestion des litiges avec les fournisseurs, etc.
Compétences digitales et maîtrise des outils
En 2026, la digitalisation du métier de courtier en énergie s’accélère, rendant indispensable la maîtrise d’un ensemble d’outils numériques. Le CRM (Customer Relationship Management) est devenu l’outil central du courtier, permettant de gérer son portefeuille clients, de suivre les opportunités commerciales, de planifier ses relances et d’automatiser certaines tâches administratives. Les courtiers performants utilisent des CRM spécialisés pour le secteur de l’énergie, intégrant des fonctionnalités de calcul d’économies, de comparaison d’offres et de génération automatique de devis.
Les comparateurs d’offres et les plateformes de souscription en ligne sont également des outils incontournables. Ces solutions permettent d’accéder en temps réel aux offres des fournisseurs, de comparer les tarifs selon différents critères et de souscrire directement en ligne, réduisant ainsi les délais de traitement et améliorant l’expérience client.
La maîtrise des outils d’analyse de données devient également un différenciateur important. Les courtiers capables d’exploiter les données de consommation de leurs clients (courbes de charge, profils horaires, saisonnalité) pour proposer des optimisations tarifaires personnalisées se démarquent nettement de la concurrence. Certains courtiers commencent même à utiliser des outils d’intelligence artificielle pour automatiser l’analyse des factures, détecter les anomalies de facturation ou prédire les évolutions de prix.
Enfin, la présence digitale du courtier devient un enjeu majeur en 2026. Avoir un site web professionnel, être actif sur LinkedIn, publier du contenu à valeur ajoutée (articles de blog, infographies, webinaires) et maîtriser les bases du référencement naturel (SEO) sont autant de compétences qui permettent d’attirer des prospects qualifiés et de renforcer sa crédibilité en ligne.
Compétences émergentes : IA, décarbonation et PPA
Plusieurs compétences émergentes deviennent particulièrement stratégiques pour les courtiers en énergie en 2026. La première concerne l’intelligence artificielle appliquée au courtage. Les courtiers qui maîtrisent l’utilisation de ChatGPT ou d’autres outils d’IA pour automatiser la rédaction de propositions commerciales, analyser rapidement des factures complexes ou personnaliser leurs communications clients gagnent un temps précieux et améliorent leur productivité. Cette compétence, encore rare dans le secteur, constitue un véritable avantage concurrentiel.
La deuxième compétence émergente concerne l’accompagnement des entreprises dans leur stratégie de décarbonation. Avec les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050 et les réglementations de plus en plus contraignantes (décret tertiaire, obligation de bilan carbone), les entreprises recherchent des courtiers capables de les conseiller non seulement sur le prix de l’énergie, mais aussi sur l’impact carbone de leurs contrats. Maîtriser les notions de garanties d’origine, d’électricité verte, de biométhane et de compensation carbone devient donc essentiel.
La troisième compétence émergente concerne les Power Purchase Agreements (PPA), ces contrats d’achat direct d’électricité auprès de producteurs d’énergies renouvelables. Ces contrats complexes, qui permettent aux entreprises de sécuriser leur approvisionnement sur le long terme tout en contribuant au développement des énergies renouvelables, nécessitent une expertise spécifique en structuration de contrats, en analyse de risques et en négociation avec les producteurs. Les courtiers capables de proposer et de négocier des PPA se positionnent sur un segment à forte valeur ajoutée et à forte marge.
Certifications et adhésions professionnelles
Bien qu’aucune certification ne soit légalement obligatoire pour exercer le métier de courtier en énergie, plusieurs labels et adhésions professionnelles permettent de renforcer sa crédibilité auprès des clients et de se différencier dans un marché concurrentiel.
Le Syndicat des Courtiers en Énergies (SCE)
L’adhésion au Syndicat des Courtiers en Énergies (SCE) constitue la certification de référence dans le secteur. Créé pour structurer et professionnaliser le métier de courtier en énergie, le SCE impose à ses membres le respect d’une charte éthique exigeante qui encadre leurs pratiques commerciales et garantit la transparence de leurs services.
| Critère | Exigence SCE | Bénéfice client |
|---|---|---|
| Transparence commissions | Affichage obligatoire des rémunérations | Confiance, clarté tarifaire |
| Indépendance | Pas de contrat d’exclusivité fournisseur | Conseil impartial |
| Intérêt client | Offre la plus adaptée (pas la plus rémunératrice) | Optimisation réelle |
| Qualité service | Accompagnement durée, gestion litiges | Satisfaction, fidélisation |
| Formation continue | Veille réglementaire, mise à jour compétences | Expertise actualisée |
Cette charte impose notamment la transparence sur les commissions perçues par le courtier, l’indépendance vis-à-vis des fournisseurs (pas de contrat d’exclusivité), le respect des intérêts du client (proposition de l’offre la plus adaptée, pas nécessairement la plus rémunératrice pour le courtier) et la qualité du service (accompagnement dans la durée, gestion des litiges, disponibilité).
Dans un secteur qui a connu quelques dérives médiatisées (pratiques commerciales agressives, commissions opaques, manque de suivi client), l’adhésion au SCE est devenue un véritable gage de confiance pour les clients, notamment les entreprises qui recherchent un partenaire fiable et transparent. De nombreux courtiers affichent d’ailleurs leur adhésion au SCE sur leur site web et leurs supports commerciaux comme un argument de réassurance.
Les certifications Qualiopi et autres labels qualité
Pour les organismes de formation et les courtiers proposant des prestations de conseil en efficacité énergétique, la certification Qualiopi est devenue incontournable. Cette certification, obligatoire depuis 2022 pour les organismes souhaitant accéder aux financements publics et mutualisés (CPF, OPCO), atteste de la qualité des processus de formation et de l’accompagnement proposé.
Certains courtiers obtiennent également des certifications RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) lorsqu’ils proposent des prestations d’audit énergétique ou d’accompagnement aux travaux de rénovation énergétique. Cette certification, bien que non obligatoire pour le courtage pur, permet d’élargir son offre de services et d’accéder aux dispositifs de financement des travaux (CEE, MaPrimeRénov’ pour les copropriétés).
Les partenariats avec les fournisseurs d’énergie
Au-delà des certifications officielles, les partenariats formalisés avec les principaux fournisseurs d’énergie constituent également un gage de crédibilité. Les courtiers qui disposent d’accès aux extranet des fournisseurs, de grilles tarifaires privilégiées et de contacts directs avec les équipes commerciales des fournisseurs démontrent leur professionnalisme et leur capacité à négocier efficacement pour leurs clients.
Certains fournisseurs proposent même des programmes de certification pour leurs courtiers partenaires, incluant des formations sur leurs offres, des outils de simulation et un accompagnement commercial. Ces certifications fournisseurs, bien que moins reconnues que l’adhésion au SCE, témoignent néanmoins d’une expertise et d’une relation de confiance avec les acteurs du marché.
Perspectives d’évolution et débouchés professionnels

Évolution des salaires et répartition des débouchés dans le courtage énergétique
Le métier de courtier en énergie offre de nombreuses perspectives d’évolution professionnelle, que ce soit en termes de spécialisation, de montée en responsabilités ou de diversification d’activité.
Évolution vers le conseil en transition énergétique

Consultant en transition énergétique accompagnant une entreprise
De nombreux courtiers en énergie évoluent progressivement vers des fonctions de consultant en transition énergétique, élargissant leur offre au-delà de la simple comparaison de contrats. Cette évolution implique de développer des compétences en audit énergétique, en pilotage de projets de rénovation énergétique, en accompagnement à la mise en conformité réglementaire (décret tertiaire, obligation d’audit pour les PME) et en stratégie de décarbonation.
Cette montée en compétence permet d’accéder à des missions à plus forte valeur ajoutée, avec des honoraires plus élevés et une relation client plus pérenne. Les consultants en transition énergétique accompagnent leurs clients sur le long terme, depuis l’audit initial jusqu’à la mise en œuvre des actions d’optimisation, en passant par la recherche de financements (CEE, aides régionales) et le suivi des performances.
Création et développement d’un cabinet de courtage
Pour les profils entrepreneuriaux, le courtage en énergie offre la possibilité de créer et développer son propre cabinet, en recrutant progressivement une équipe de courtiers et en structurant une organisation commerciale. Cette évolution nécessite de développer des compétences en management, en gestion d’entreprise et en développement commercial, mais elle offre des perspectives de revenus significativement plus élevées.
Certains courtiers choisissent également de devenir franchiseur, en créant leur propre réseau de courtiers indépendants. Cette stratégie permet de démultiplier son activité en s’appuyant sur un réseau de partenaires, tout en conservant une part des commissions générées. Toutefois, cette évolution nécessite des investissements importants en outils, en formation et en accompagnement des franchisés.
Spécialisation sectorielle ou géographique
Une autre voie d’évolution consiste à se spécialiser sur un secteur d’activité spécifique (industrie, tertiaire, santé, hôtellerie-restauration) ou sur une zone géographique (région, département). Cette spécialisation permet de développer une expertise pointue sur les enjeux énergétiques propres à un secteur, de nouer des partenariats avec les acteurs clés (syndicats professionnels, clusters, chambres de commerce) et de bénéficier du bouche-à-oreille au sein d’une communauté professionnelle.
Les courtiers spécialisés dans l’industrie, par exemple, développent une expertise sur les contrats haute tension, les effacements de consommation, les contrats interruptibles et les stratégies d’optimisation des process industriels. Cette spécialisation leur permet d’accéder à des contrats de grande envergure, avec des commissions proportionnellement plus élevées.
Rémunération et perspectives financières
En termes de rémunération, le métier de courtier en énergie offre des perspectives attractives, avec une forte variabilité selon l’expérience, le statut et le portefeuille client :
| Profil | Expérience | Salaire annuel | Statut typique | Perspectives |
|---|---|---|---|---|
| Débutant | 0-2 ans | 25 000 – 35 000 € | Salarié ou auto-entrepreneur | Constitution portefeuille |
| Confirmé | 3-5 ans | 40 000 – 60 000 € | Indépendant ou salarié senior | Portefeuille établi |
| Senior | 5-10 ans | 55 000 – 75 000 € | Indépendant ou responsable | Spécialisation, management |
| Gérant cabinet | 10+ ans | 80 000 – 120 000 €+ | Dirigeant | Développement structure |
Les courtiers débutants peuvent espérer gagner entre 25 000 et 35 000 € par an durant leurs premières années d’activité, le temps de constituer leur portefeuille client et de maîtriser les techniques de prospection.
Les courtiers confirmés (3 à 5 ans d’expérience) atteignent généralement des revenus compris entre 40 000 et 60 000 € par an, grâce à un portefeuille client établi et à une meilleure maîtrise des techniques de négociation. Les courtiers seniors ou responsables commerciaux peuvent dépasser les 70 000 € par an, notamment s’ils gèrent une équipe ou s’ils sont spécialisés sur des segments à forte valeur ajoutée (grands comptes, PPA, conseil en décarbonation).
Pour les courtiers indépendants ou gérants de cabinet, les revenus peuvent être significativement plus élevés, dépassant parfois les 100 000 € par an pour les structures les plus performantes. Toutefois, ces revenus s’accompagnent d’une prise de risque entrepreneuriale et d’une charge de travail généralement plus importante.
Conclusion : se former et réussir dans le courtage énergétique en 2026
Le métier de courtier en énergie offre en 2026 des opportunités exceptionnelles pour les profils commerciaux, techniques ou entrepreneuriaux souhaitant s’investir dans un secteur en pleine croissance et porteur de sens. L’accessibilité du métier, qui ne nécessite aucun diplôme obligatoire, en fait une voie de reconversion professionnelle particulièrement attractive, à condition de s’engager dans une démarche de formation sérieuse et continue.
Que vous optiez pour un parcours universitaire classique (BTS, licence professionnelle, master) ou pour une formation professionnelle courte (EFCE, formations internes des réseaux), l’essentiel réside dans votre capacité à acquérir les compétences techniques, commerciales et digitales indispensables à l’exercice du métier. La maîtrise du marché de l’énergie, des techniques de prospection et de négociation, ainsi que des outils digitaux constituent le socle de compétences sur lequel vous pourrez bâtir votre réussite.
Au-delà des formations initiales, le courtage en énergie est un métier qui nécessite une veille permanente et une formation continue, tant les évolutions réglementaires et technologiques sont rapides. Les courtiers qui réussissent sont ceux qui investissent régulièrement dans le développement de leurs compétences, que ce soit en participant à des formations spécialisées (PPA, décarbonation, IA appliquée au courtage) ou en se tenant informés des évolutions du marché via les publications professionnelles, les webinaires et les événements du secteur.
Enfin, n’oubliez pas que le courtage en énergie est avant tout un métier de relation humaine et de conseil. Au-delà des compétences techniques, ce sont votre capacité d’écoute, votre sens du service client, votre intégrité et votre engagement à défendre les intérêts de vos clients qui feront la différence sur le long terme. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, les courtiers qui réussissent sont ceux qui parviennent à créer une véritable relation de confiance avec leurs clients, en se positionnant comme de véritables partenaires de leur transition énergétique.
Pour aller plus loin
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- Devenir courtier en énergie : guide complet du métier
- CEE période 7 (2026-2030) : ce qui change pour les courtiers
- Décarbonation industrielle : rôle et opportunités pour les courtiers (lien vers futur article)
Ressources utiles :
- École Française des Courtiers en Énergie (EFCE) : www.ecolefrancaisecourtierenergie.fr
- Syndicat des Courtiers en Énergies (SCE) : www.syndicat-courtiers-energies.fr
- Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) : www.cre.fr
- Ministère de la Transition Énergétique : www.ecologie.gouv.fr